L'Expédition de Drake aux Indes occidentales
Édition française modernisée et illustrée du Voyage de messire François Drake aux Indes Occidentales (A Summarie and True Discourse) de Walter Bigges (1585-1586). 126 pages.
Septembre 1585 : Francis Drake appareille de Plymouth avec vingt-cinq voiles pour frapper l'empire espagnol aux Indes occidentales. Le capitaine Walter Bigges raconte ce raid de dix mois, de Saint-Iago à Roanoke.
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- Broché · Ebook (EPUB)
- Français
- XVIe siècle
Présentation
Septembre 1585. Vingt-cinq voiles quittent Plymouth avec deux mille trois cents hommes à bord. L'Angleterre et l'Espagne ne sont pas officiellement en guerre, mais Francis Drake s'en va frapper l'empire de Philippe II jusque dans ses propres colonies.
Le capitaine Walter Bigges, l'un des dix officiers de terre qui débarquent les premiers, tient le journal de dix mois de raids. Saint-Iago du Cap-Vert, prise à l'aube et brûlée au départ. Saint-Domingue, la plus ancienne cité espagnole des Indes, enlevée le jour de l'An par ses deux portes de la mer, tenue un mois, rachetée vingt-cinq mille ducats. Carthagène, emportée de nuit par une langue de sable de cinquante pas, sous le feu croisé de deux galères, occupée six semaines et rachetée cent dix mille ducats. Puis la côte de Floride, un fort de troncs incendié, un bourg de bois réduit en cendres.
Entre deux villes, la fièvre. Elle frappe la flotte huit jours après le Cap-Vert et ne la lâche plus : deux à trois cents morts en quelques jours, sept cent cinquante au total, et Panama qu'il faut renoncer à prendre. Bigges lui-même ne reverra pas l'Angleterre : il meurt en mer après Carthagène, et un compagnon achève son récit.
Sur la route du retour, un grand feu s'allume sur la côte de Virginie. Cent trois colons anglais, installés depuis un an sous l'autorité de Ralph Lane à Roanoke, attendent des secours qui ne viennent pas. Drake leur propose un choix dont dépend l'avenir de la première colonie anglaise d'Amérique : ils rembarquent avec la flotte, mettant fin à la tentative de peuplement avant qu'elle ait pu s'enraciner. L'expédition, publiée à Londres en 1589 à la veille de l'Armada, reste l'un des récits de première main les plus précis sur la rivalité anglo-espagnole aux Indes occidentales et sur les débuts, hésitants et violents, de la présence anglaise en Amérique du Nord.
Cette édition restitue intégralement le texte de Bigges, complété d'un appareil de repères historiques (glossaire, chronologie, index, lectures complémentaires) et de morceaux choisis du texte original en anglais, pour resituer le récit dans son contexte et permettre au lecteur curieux de comparer la modernisation à la langue de 1589 en revenant directement à la source.
Caractéristiques
- Éditeur
- Itinerarium Éditions
- Collection
- Amériques Sauvages
- L'auteur du texte
- Walter Bigges
- Époque du voyage
- 1585-1586
- Édition modernisée par
- Erik de Boisgrollier
- Langue
- Français
- Format
- Broché, 15,2 × 22,9 cm
- Pages
- 126
- ISBN
- 978-2-489330-97-7
- Parution
- septembre 2026
L'auteur du texte
A Summarie and True Discourse : Notre travail d'édition
Le livre imprimé à Londres en 1589 sous le titre A Summarie and True Discourse of Sir Frances Drakes West Indian Voyage n'a pas de chapitres. C'est un seul mouvement de prose, de l'embarquement à Plymouth jusqu'au tableau des canons pris, qui court d'une traite sur une trentaine de feuillets. Les seules respirations du volume d'origine étaient les quatre plans gravés de Baptista Boazio, encartés aux endroits où le récit renvoie à « ce plan ». Nous avons découpé cette coulée en huit chapitres qui suivent les escales, une par port ou par épisode, et nous leur avons donné des titres. Le lecteur y gagne des haltes ; l'ordre général du récit a été conservé, avec quelques réagencements.
Nous avons retiré en revanche le paratexte de 1589 : la dédicace de Thomas Gates au comte d'Essex, l'avis expliquant que l'impression avait été retardée par l'approche de l'Armada, et le tableau des pages où placer les cartes. Ces pièces parlent au lecteur anglais de 1589 ; l'introduction en reprend ce qu'il faut savoir. Les renvois aux plans de Boazio sont restés dans le texte : ils font partie de la manière dont Bigges décrit un terrain, une carte sous les yeux. L'exemplaire dont nous disposions ne comportait pas ces planches, et la cartographie du présent volume a été établie de neuf.
L'anglais de 1589 s'écrit avec deux v accolés pour un w, confond u et v, i et j, et ne connaît d'orthographe fixe ni pour les noms ni pour les verbes. Le vrai travail a porté sur la phrase. Bigges écrit comme parlent les officiers : une proposition en entraîne une autre par « et », « lequel », « comme il a été dit », et la période s'étire sur quinze lignes avant de retomber. Nous avons ouvert ces périodes, rétabli l'ordre sujet, verbe, complément quand l'anglais du temps le renversait, et remplacé les chevilles par une ponctuation contemporaine. Chaque distance, chaque somme, chaque nom de navire est resté à sa place. Quand le récit devenait elliptique, l'affaire Hawkins « que vous connaissez déjà » par exemple, nous avons laissé l'ellipse : elle dit quelque chose du destinataire de ce texte.
Avant / après
This vvorthie Knight for the seruice of his Prince and Countrie, hauing prepared his vvhole fleete, and gotten them downe to Plimmouth in Deuonshire, to the number of fiue and twentie saile of ships and pinnaces, and hauing assembled of Souldiours and Marriners to the number of two thousand and three hundred in the vvhole, embarqued them and himselfe at Plimmouth aforesaid, the twelfth day of September 1585. being accompanied vvith these men of name and charge, vvhich hereafter followe.
Ce vaillant chevalier servait son prince et son pays, et c'est à Plymouth, dans le Devon, qu'il assembla de quoi les servir. Il avait préparé toute sa flotte et l'avait réunie là, sous la même pluie fine et le même vent d'ouest : vingt-cinq voiles, navires et pinasses, ces bâtiments légers et rapides qui portent les hommes là où les grands ne passent pas. Il avait rassemblé des soldats et des marins, deux mille trois cents hommes en tout. Il les embarqua, lui-même compris, à Plymouth, le douze septembre 1585, et avec eux montèrent les hommes de rang et de charge dont voici les noms.
La carte du voyage





