Journal de Jasper Danckaerts
Édition française modernisée et illustrée de Journal of Jasper Danckaerts de Jasper Danckaerts (1679-1680). 456 pages.
New York, 1679. Un missionnaire hollandais traverse l'Amérique coloniale et consigne tout : rues, fermes, Indiens, planteurs. Journal de l'autre côté de l'Atlantique, réécrit en français moderne.
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- Broché · Kindle
- Français
- XVIIe siècle
Présentation
Juin 1679. Deux frères labadistes quittent un village de Frise pour une mission tenue secrète : trouver, de l'autre côté de l'océan, une terre où leur communauté pourra vivre sa foi. L'un d'eux, Jasper Danckaerts, tient son journal jour après jour.
Ce qu'il y consigne est sans prix. Voici le New York de 1679, à peine devenu anglais, encore tout hollandais : son fort, ses vergers, ses rues de boue, ses tavernes pleines de marins. Voici les fermes de Long Island, les Lenapes de Najack partageant leur galette de maïs, les planteurs de tabac du Maryland, les chutes du Passaic prises dans la glace. Voici l'Hudson remonté jusqu'à Albany, la traite des fourrures, l'interprète métisse Illetie et les récits d'un Mohawk converti. Voici Boston la puritaine, et le long retour par l'Atlantique Nord.
Danckaerts ne juge presque jamais. Il regarde. Et son regard sobre, attentif, traverse les siècles intact : c'est l'Amérique coloniale saisie au moment où son monde tenait encore debout, par un témoin venu d'ailleurs qui ne savait pas qu'il écrivait l'Histoire.
Danckaerts et Sluyter voyagent sous de faux noms, en hommes ordinaires. C'est peut-être ce qui donne à leur récit sa qualité si rare : les portes s'ouvrent, les langues se délient. En seize mois de périple, ils parcourent Manhattan, le New Jersey, le Delaware, les plantations de tabac du Maryland, remontent l'Hudson jusqu'à Albany et Schenectady, gagnent Boston et ses universités naissantes, puis rentrent en Hollande par l'Atlantique Nord et les Orcades. Danckaerts décrit une Amérique qui va bientôt disparaître sous la marée anglaise : il observe les Lenapes quand ils sont encore chez eux, écoute un Mohawk converti raconter ses visions, croise la métisse Illetie qui sert d'interprète au comptoir de fourrures. Ce carnet a dormi près de deux siècles avant d'être retrouvé par hasard chez un bouquiniste d'Amsterdam. Il n'avait jamais été rendu accessible au lecteur français.
Première réécriture intégrale moderne pour le lecteur d'aujourd'hui, qui rend accessible ce témoignage sans rien trahir de l'original. 19 illustrations originales et 8 cartes du voyage donnent à voir l'itinéraire, tandis qu'un appareil de repères (chronologie, index, postface, morceaux choisis du texte original, note de l'éditeur, pour aller plus loin) éclairent la lecture.
Caractéristiques
- Éditeur
- Itinerarium Éditions
- Collection
- Amériques Sauvages
- L'auteur du texte
- Jasper Danckaerts
- Époque du voyage
- 1679-1680
- Édition modernisée par
- Isabelle Perol
- Langue
- Français
- Format
- Broché, 15,2 × 22,9 cm
- Pages
- 456
- ISBN
- 978-2-489330-00-7
- Parution
- juillet 2026
L'auteur du texte
Journal of Jasper Danckaerts : Notre travail d'édition
Le journal de Jasper Danckaerts n'avait jamais été pensé pour la lecture suivie. C'est un carnet de bord, tenu au jour le jour, où les dates rythment le texte comme autant de jalons : « le 9, vendredi », « le 14, mercredi ». À l'état brut, ce découpage par entrées hache le récit et fatigue le lecteur moderne, qui perd vite le fil d'un voyage pourtant continu. Nous avons donc rassemblé la matière en seize chapitres, suivant les grandes articulations naturelles du périple : la traversée, l'arrivée à New York, la descente vers le Maryland, le retour hivernal, la remontée de l'Hudson, le séjour à Boston, le long retour vers la Frise. Les dates demeurent, discrètes, mais le récit reprend son cours.
La langue, elle, demandait un autre soin. Le texte source que nous avons suivi est une traduction anglaise du néerlandais d'origine, fidèle mais touffue, aux phrases longues que l'usage du XVIIe siècle laissait s'accumuler. Nous les avons déliées, une à une, en remettant les mots dans l'ordre naturel du français d'aujourd'hui, en coupant ce qui se répète et en dépliant ce qui restait trop elliptique, sans jamais alourdir ni appauvrir l'observation. Là où Danckaerts piétine, nous abrégeons ; là où il va trop vite, sa pensée elliptique a parfois reçu le mot qui lui manquait pour être claire. Le but : qu'on entende encore la voix sobre et attentive du diariste, débarrassée de la lourdeur des tournures anciennes.
Avant / après
On the eighth of June, 1679, we left home at four o'clock in the morning, taking leave of those with whom God had joined us fast in spirit, they committing us, and we them, with tenderness of heart, unto the gracious protection of the Highest. Although for a time separated in body, we remained most closely united in soul, which is, always and everywhere, but one and the same. We went on foot to Oosterend, expecting there to take the canal boat, which we did, after waiting an hour.
Le 8 juin 1679, à quatre heures du matin, nous quittâmes la maison. Il faisait encore nuit sur la Frise, et le silence des champs avait quelque chose de la prière. Nous prîmes congé de ceux que Dieu avait si étroitement unis à nous dans l'esprit, ces frères et ces sœurs de notre communauté que nous laissions derrière nous. Ils nous remirent à la garde bienveillante du Très-Haut, et nous fîmes pour eux la même chose, le cœur serré d'une tendresse que nulle distance ne saurait défaire. Séparés pour un temps quant au corps, nous demeurions liés dans l'âme, laquelle est, en tout lieu et en tout temps, une seule et même chose.
La carte du voyage





