Portrait de Fei Xin

L'auteur du texte

Fei Xin

Xingcha shenglan (1409-1433)
Fei Xin est l'auteur de Xingcha shenglan (1409-1433). Itinerarium en publie 1 édition modernisée, réécrite en français contemporain et illustrée, disponible en ebook, livre papier et audiobook.

Biographie

Fei Xin (v. 1385-apr. 1436) est un militaire chinois de la dynastie Ming qui prit part aux grandes expéditions maritimes commandées par l'amiral Zheng He. Il en a tiré le Xingcha shenglan, recueil de notices sur les pays abordés par les flottes impériales, dont la préface est datée de 1436. Avec les livres de Ma Huan et de Gong Zhen, c'est l'un des trois seuls témoignages directs conservés sur ces voyages, et le plus large par son aire géographique.

Sa famille venait de Kunshan, dans l'actuelle province du Jiangsu, et vivait pauvrement. Son frère aîné fut appelé sous les drapeaux à la garnison de Taicang, sur le bas Yangzi, puis mourut ; Fei Xin prit sa place en 1398 ou peu après, le service militaire se transmettant héréditairement sous les Ming. Le sinologue J. J. L. Duyvendak a supposé que cette conscription sanctionnait une faute commise par le père ou le grand-père, hypothèse que Roderich Ptak juge possible sans qu'aucune preuve l'appuie. Simple soldat, Fei Xin trouva le temps d'étudier ; on lui prête aussi l'apprentissage de l'arabe. Taicang était précisément le port d'armement de la flotte de Zheng He, ce qui explique son embarquement.

Il navigua quatre fois vers l'Asie du Sud-Est et l'océan Indien, entre 1409 environ et 1433. Selon l'historien Edward Dreyer, il participa aux troisième, cinquième et septième expéditions du Trésor, celles qui portèrent les jonques chinoises jusqu'à Ormuz, à Aden et aux côtes de la Somalie. Il rédigea ensuite son livre, dont il existait une version remaniée et illustrée, présentée à la cour ; les illustrations sont perdues. Après 1436, aucune source ne mentionne plus son nom, et on ignore la date de sa mort.

Le Xingcha shenglan se divise en deux parties. La première rassemble les pays que l'auteur dit avoir vus, du Champa à Java, Malacca, Ceylan, Calicut, Ormuz et le Bengale ; la seconde décrit des lieux connus indirectement, en s'appuyant sur des ouvrages antérieurs, notamment le Daoyi zhilüe de Wang Dayuan, compilé au XIVe siècle. Une quarantaine de notices y traitent chacune de l'histoire du lieu, de ses ports, de ses reliefs, de l'organisation politique et judiciaire, des mœurs, des croyances et des produits locaux. Plusieurs versions du texte closent chaque notice par un poème. Fei Xin décrit des régions absentes du livre de Ma Huan, en particulier sur la côte africaine, à Mogadiscio et à Brava, et dans l'archipel indonésien. Ptak estime, contre une idée répandue, que rien n'établit qu'il ait été musulman.

L'ouvrage circula sous plusieurs formes à l'époque Ming, l'une transmise dans la collection Guochao diangu, l'autre par la copie de la bibliothèque Tianyige rééditée par Luo Zhenyu. Feng Chengjun en donna en 1938 une édition critique confrontant ces versions, réimprimée en 1954. La traduction anglaise de William Woodville Rockhill parut dans la revue T'oung Pao en 1914 et 1915 ; Paul Pelliot y consacra en 1933 une longue étude qui reste une référence ; une traduction annotée, ébauchée par J. V. G. Mills et achevée par Roderich Ptak, a été publiée en 1996. Les historiens s'en servent, croisé avec Ma Huan, pour reconstituer les itinéraires des flottes et l'état des ports de l'océan Indien avant l'arrivée des Européens.

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