Saint-Malo, 18 mai 1601. Un jeune homme de Laval s'embarque sur le Corbin pour les Indes orientales. Il en reviendra dix ans plus tard, après avoir fait presque le tour du monde et survécu à tout. Le naufrage le jette d'abord sur les récifs des Maldives, où il restera cinq ans captif d'un roi insulaire, apprenant la langue, observant la cour, la justice et les coutumes d'un archipel de douze mille îles.
Puis tout s'enchaîne : l'invasion venue du Bengale qui lui rend la liberté, les rois nayres du Malabar et leurs castes guerrières, l'arrestation à Cochin et la prison, la tour aux fers, Goa la dorée et ses cachots, les îles aux épices des Moluques, enfin le long retour par le cap, le Brésil et la Galice. De ces dix années d'épreuves, François Pyrard rapporte bien plus qu'un récit d'aventures.
C'est la première description française de l'océan Indien vu de l'intérieur, une encyclopédie sensible des hommes, des bêtes et des arbres. On y croise le cocotier qui pourvoit à tout, les coquillages qui servent de monnaie, les navires cousus sans un seul clou. Pyrard n'est ni le conquérant ni le marchand : il est le naufragé, le captif, celui qui regarde ce monde depuis le bas, mêlé aux peuples dont il dépend pour survivre. De là vient la curiosité patiente, presque sans mépris, qui le rend aujourd'hui encore étonnamment proche.
Premier Français à raconter ce monde, Pyrard signe l'un des plus saisissants témoignages de l'âge des grandes traversées.
Le texte d'origine, écrit en moyen français au début du XVIIe siècle, a été entièrement réécrit en français moderne et réorganisé en seize chapitres, dans le respect de la voix du témoin. L'ensemble est illustré de vingt gravures, accompagné de neuf cartes originales, d'un glossaire des termes d'époque, d'une chronologie détaillée, d'un index des lieux et des personnes, d'une postface, d'un choix de morceaux du texte original et d'une bibliographie pour aller plus loin.
Édition originale : Discours du voyage des François aux Indes Orientales (Paris, David Le Clerc, 1611), numérisée par la John Carter Brown Library / Internet Archive, transcrite par OCR puis nettoyée bloc par bloc.