Portrait de Pierre Gilles

L'auteur du texte

Pierre Gilles

De topographia Constantinopoleos (1544-1547)
Pierre Gilles est l'auteur de De topographia Constantinopoleos (1544-1547). Itinerarium en publie 1 édition modernisée, réécrite en français contemporain et illustrée, disponible en ebook, livre papier et audiobook.

Biographie

Pierre Gilles (1490-1555), humaniste et naturaliste né à Albi, est l'auteur de la première description méthodique de Constantinople fondée sur un relevé de terrain. Envoyé en Orient par François Ier pour y acheter des manuscrits grecs, il passa six années dans l'Empire ottoman, dont plusieurs à arpenter la ville. Son De topographia Constantinopoleos, publié après sa mort, tente de retrouver le plan de la cité antique et byzantine sous la ville ottomane, monument par monument.

Après des études à Albi, il devint précepteur de Georges d'Armagnac, futur évêque de Rodez et cardinal, qui resta son protecteur toute sa vie. Il travailla ensuite à Paris auprès du chanoine Robertet, composa un lexique gréco-latin et publia à Lyon, en 1533, une version latine considérablement augmentée de l'Histoire des animaux d'Élien, le De vi et natura animalium, à laquelle il joignit un traité sur les noms français et latins des poissons. Cet ouvrage lui a valu d'être appelé le père de la zoologie française. Il étudia les poissons sur les côtes de l'Atlantique et de la Méditerranée, rencontra à Venise l'helléniste Lazare de Baïf, et se trouvait à Rome en 1540.

En 1544, le roi le charge de rapporter des manuscrits grecs pour la bibliothèque royale. Il gagne Constantinople, visite avec André Thevet les ruines de Chalcédoine, sur la rive asiatique, et retrouve un manuscrit du périple du Bosphore de Denys de Byzance, géographe grec dont il donnera une paraphrase latine. La mort de François Ier en 1547 interrompt les subsides. En 1548, sans ressources, Gilles s'engage dans l'armée ottomane et suit Soliman le Magnifique dans sa campagne de Perse; il est à Jérusalem en 1549, où il rencontre l'orientaliste Guillaume Postel; revenu vers Constantinople en 1550, il est capturé par des pirates, et Georges d'Armagnac paie sa rançon. Il finit ses jours en Italie et meurt à Rome le 5 janvier 1555; sa dalle funéraire se trouve dans l'église San Marcello al Corso.

Le livre qu'il rapporte est un travail d'arpenteur autant que d'érudit. Gilles compte ses pas, mesure les distances, relève les niveaux, interroge les habitants, puis confronte ce qu'il voit aux textes anciens pour rendre à chaque colline, à chaque quartier, à chaque monument son nom et sa place. Il décrit l'Hippodrome, Sainte-Sophie, les citernes souterraines, les aqueducs et l'alimentation en eau de la ville, les colonnes et les églises. Beaucoup de ce qu'il a vu a depuis disparu, ce qui fait de son texte un témoin unique. Un ouvrage jumeau, le De Bosphoro Thracio, donne la première description du détroit en latin, rive par rive.

Ses livres parurent après sa mort par les soins de son neveu Antoine, chez Guillaume Rouillé à Lyon en 1561: De topographia Constantinopoleos et de illius antiquitatibus libri IV, et De Bosphoro Thracio libri III. Une édition elzévirienne de format réduit parut à Leyde en 1632, signe de la diffusion européenne du texte. Une traduction anglaise, The Antiquities of Constantinople, fut donnée par John Ball en 1729 et rééditée au XXe siècle, avant une nouvelle traduction commentée par Kimberly Byrd en 2008; Jean-Pierre Grélois a publié en 2007 une édition critique des itinéraires byzantins de Gilles. Archéologues, byzantinistes et historiens d'Istanbul continuent de s'y reporter, car ce relevé du milieu du XVIe siècle reste souvent le dernier état connu de monuments aujourd'hui détruits.

Ses livres chez Itinerarium