Les Antiquités de Constantinople
Édition française modernisée et illustrée de De topographia Constantinopoleos de Pierre Gilles (1544-1547). 330 pages.
En 1544, l'humaniste Pierre Gilles arpente Constantinople pour François Ier et relève, colline par colline, ce qui subsiste de la cité byzantine. La dernière description méthodique de la ville avant sa transformation ottomane.
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- Broché · Kindle
- Français
- XVIe siècle
Présentation
Constantinople, 1544. Quatre-vingt-onze ans après la chute aux mains des Ottomans, la ville se transforme : les églises deviennent mosquées, l'Hippodrome se vide, les colonnes tombent une à une.
C'est dans cette ville en mutation qu'arrive Pierre Gilles, savant d'Albi envoyé par François Ier pour collecter les manuscrits grecs. Quand l'argent royal cesse d'arriver, il s'enrôle dans l'armée de Soliman le Magnifique pour survivre, et consacre trois ans à une mission qu'il s'est donnée lui-même : sauver Constantinople de l'oubli.
Il escalade les murs, mesure les colonnes, fouille les ruines, interroge les jardiniers ottomans sur ce qu'ils ont trouvé en creusant. Colline par colline, il reconstitue les sept collines, Sainte-Sophie, le Palais sacré, l'Hippodrome, les forums et les quartiers byzantins, dialoguant en silence avec les empereurs morts.
Le résultat est unique : la dernière description scientifique de la Constantinople byzantine, juste avant sa disparition. Sans lui, des pans entiers de la topographie de la ville auraient été perdus à jamais.
Publié à Lyon en 1561, des années après la mort de Gilles, ce texte latin n'avait jamais été traduit en français. La présente édition l'établit directement d'après l'original de 1561, sans passer par la seule version existante, l'anglais de John Ball (1729). Le texte est modernisé et réorganisé en dix-huit chapitres lisibles, la voix de l'arpenteur humaniste laissée intacte. Il est illustré de quinze gravures, accompagné de six cartes originales, d'un glossaire des termes antiques, byzantins et ottomans, d'une chronologie détaillée et d'un double index des personnages et des lieux.
Caractéristiques
- Éditeur
- Itinerarium Éditions
- Collection
- Orient et Levant
- L'auteur du texte
- Pierre Gilles
- Époque du voyage
- 1544-1547
- Édition modernisée par
- Thierry Ruolz
- Langue
- Français
- Format
- Broché, 15,2 × 22,9 cm
- Pages
- 330
- ISBN
- 979-10-985559-3-0
- Parution
- juin 2026
L'auteur du texte
De topographia Constantinopoleos : Notre travail d'édition
Cette édition est issue du texte latin original de Pierre Gilles, le De topographia Constantinopoleos et de illius antiquitatibus libri quatuor, publié à titre posthume à Lyon en 1561 par Guillaume Rouille. L'édition princeps, un in-folio latin, constitue le premier relevé topographique méthodique de Constantinople. Le texte a été numérisé à partir de l'exemplaire conservé par la bibliothèque du Getty Research Institute (Los Angeles), dont les pages scannées et l'OCR sont disponibles sur Internet Archive. C'est cette version OCR du latin de 1561, nettoyée et corrigée, qui a servi de source pour la présente modernisation en français.
Le livre de Gilles n'avait jamais été traduit ni publié en français. La seule traduction en langue moderne existante est celle de John Ball, parue à Londres en 1729 en anglais géorgien. Ball traduisait fidèlement le latin de Rouille, mais dans un anglais du XVIIIe siècle très chargé, à périodes longues et subordonnées multiples. Sa traduction, bien que précieuse comme témoin intermédiaire, introduisait un degré d'interprétation supplémentaire. En partant directement du latin de 1561, la présente édition supprime cet intermédiaire et revient au plus près de la prose de Gilles.
La modernisation a porté d'abord sur la structure. Le livre original compte quatre livres et environ soixante-dix chapitres très inégaux, certains d'une page, d'autres de trente. Nous avons réorganisé la matière en dix-huit chapitres de longueur lisible, en respectant l'ordre topographique de Gilles (préface générale, fondations historiques, sept collines, monuments par colline et par quartier, conclusion sur les quatorze quartiers). Les chapitres très techniques sur les mesures ont été regroupés. Les chapitres sur les sept collines, dispersés dans l'original entre la fin du livre I et le début du livre II, ont été réunis. L'appendice tiré de Nicétas Chôniatès sur le sac latin de 1204 a été préservé, parce qu'il s'agit d'un des passages les plus émouvants du livre.
Avant / après
CONSTANTINOPOLIS campum peninsularem ita est, vt totum Isthmum occupet peninsulanum : ex tribus enim partibus mari alluitur, neque solum ex sese munita est, sed etiam suos suburbanos longos agros iter duorum dierum latos amplius viginti miliaria munitos habet peninsula, quam efficiunt pontus, Bosporus, Propontis, olim ab Anastasio muro clausam, ita vt, situs vrbis duplici peninsula munitus, arcem se declaret totius Europae, atque adeo principatum totius orbis prae se ferat, eminens in fauces Europae, atque Asiae…
Constantinople occupe tout entière l'isthme d'une presqu'île, et la mer la baigne sur trois de ses côtés. Sa force ne tient pas seulement à son enceinte : ses faubourgs et ses champs s'étendent sur une largeur de plus de vingt milles, et toute cette étendue, la presqu'île la protège d'elle-même. Le Pont-Euxin, le Bosphore et la Propontide l'encerclent de leurs eaux ; du côté de la Thrace, le mur d'Anastase la ferme comme on tire un verrou. Deux fois gardée, par sa position et par cette muraille, elle s'offre au regard comme la citadelle de toute l'Europe, et l'on dirait qu'elle prétend au monde entier.
La carte du voyage



