Portrait de Sagas norroises (Landnámabók, Íslendingabók, Sagas du Vinland)

L'auteur du texte

Sagas norroises (Landnámabók, Íslendingabók, Sagas du Vinland)

Landnámabók (v. 860-1000)
Sagas norroises (Landnámabók, Íslendingabók, Sagas du Vinland) est l'auteur de Landnámabók (v. 860-1000). Itinerarium en publie 1 édition modernisée, réécrite en français contemporain et illustrée, disponible en ebook, livre papier et audiobook.

Biographie

Les sagas norroises (Landnámabók, Íslendingabók, Sagas du Vinland) (textes des XIIe-XIVe siècles) forment le corpus islandais médiéval d'où provient presque tout ce que l'on sait de la colonisation scandinave de l'Atlantique Nord. Une saga est un récit en prose, écrit en vieil islandais, qui rapporte l'histoire de familles ou de rois selon une tradition longtemps transmise oralement. Ces textes racontent le peuplement de l'Islande, l'installation au Groenland et les voyages vers une terre située plus à l'ouest, appelée Vinland.

L'Islande est colonisée par des Scandinaves et des captifs venus des îles Britanniques entre 870 et 930 environ. Elle adopte le christianisme vers l'an 1000, et avec lui l'alphabet latin, ce qui permet la mise par écrit de ce que les générations précédentes se transmettaient de mémoire. Le prêtre Ari Þorgilsson, dit Ari le Savant, compose entre 1122 et 1133 l'Íslendingabók, ou Livre des Islandais, brève chronique du peuplement, de l'établissement des lois et de la conversion. Ari se réclame de témoins qu'il nomme, et son texte est la plus ancienne histoire écrite de l'île ; il n'est connu que par des copies tardives.

La Landnámabók, le Livre de la Colonisation, recense de manière systématique les premiers occupants de l'Islande, plusieurs centaines de noms, avec la terre que chacun a prise, sa parenté et sa descendance. On ne possède pas la version originale, mais des remaniements du XIIIe et du XIVe siècle : la Sturlubók du légiste Sturla Þórðarson, mort en 1284, la Hauksbók du légiste Haukr Erlendsson, mort en 1334, qui déclare combiner deux versions antérieures, et la Melabók, dont seuls des fragments subsistent.

Les deux Sagas du Vinland racontent les mêmes événements de façon différente. La Grœnlendinga saga, ou saga des Groenlandais, est conservée dans le Flateyjarbók, manuscrit copié entre 1387 et 1394. La saga d'Erik le Rouge figure dans la Hauksbók et dans un manuscrit du XVe siècle, le Skálholtsbók. Toutes deux partent d'Erik le Rouge, banni d'Islande et fondateur des établissements du Groenland vers 985, et suivent les traversées de son fils Leif, puis celles de Thorfinn Karlsefni et de Gudrid Thorbjarnardóttir vers trois régions nommées Helluland, Markland et Vinland. Elles décrivent des rencontres, souvent violentes, avec des habitants que les Scandinaves appellent skrælingar. Le nombre des expéditions, leur chronologie et le rôle de chaque personnage varient d'un texte à l'autre.

Les historiens traitent ces récits avec prudence. Ils ont été écrits deux à trois siècles après les faits, portent la marque des intérêts généalogiques des familles qui les commanditaient et empruntent des motifs à la littérature de leur temps. Un indice extérieur existe pourtant : vers 1075, le chroniqueur allemand Adam de Brême mentionne une île de l'Atlantique appelée Vinland, sur la foi d'informations recueillies au Danemark.

La confirmation matérielle est venue de Terre-Neuve. En 1960, l'explorateur norvégien Helge Ingstad repère à L'Anse aux Meadows, à la pointe nord de l'île, des reliefs de terrain que sa femme, l'archéologue Anne Stine Ingstad, fouille de 1961 à 1968. Le site livre huit bâtiments de tourbe de type scandinave, une forge et des objets de fer et de bronze. Classé au patrimoine mondial en 1978, il reste le seul établissement norrois authentifié en Amérique du Nord. Une étude publiée en 2021 y a daté de l'année 1021 l'abattage de plusieurs bois, en s'appuyant sur un pic de rayonnement cosmique enregistré dans les cernes de 993.

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