Constantinople, 1544. Quatre-vingt-onze ans après la chute aux mains des Ottomans, la ville se transforme. Les églises deviennent mosquées, l'Hippodrome se vide, les colonnes tombent une à une.
C'est dans cette ville en mutation qu'arrive Pierre Gilles, savant d'Albi envoyé par François Ier pour collecter les manuscrits grecs. Quand l'argent royal n'arrive plus, il s'enrôle dans l'armée de Soliman le Magnifique pour survivre, et consacre trois ans à une mission qu'il s'est donnée lui-même : sauver Constantinople de l'oubli.
Il escalade les murs, mesure les colonnes, fouille les ruines, parle aux jardiniers ottomans qui lui racontent ce qu'ils ont trouvé en creusant. Il dialogue silencieusement avec les empereurs morts et consigne tout, avec une rigueur de savant et une nostalgie d'humaniste.
Le résultat est unique : la dernière description scientifique de la Constantinople byzantine, juste avant sa disparition définitive. Sans Pierre Gilles, des pans entiers de la topographie de la ville auraient été perdus à jamais.
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