Safarnama
Édition française modernisée et illustrée de Safarnama de Nasir Khusraw (1045-1052). 262 pages.
En 1045, un fonctionnaire persan quitte tout pour chercher ce qui augmente l'esprit. Pendant sept ans, Nasir Khusraw traverse Le Caire fatimide, Jérusalem, La Mecque -- premier grand carnet de voyage du monde musulman.
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- Broché · Kindle
- Français
- XIe siècle
Présentation
Décembre 1045, Khorassan. Un haut fonctionnaire seldjoukide se réveille d'un songe qui lui ordonne de quitter sa charge, sa maison, ses biens, pour chercher ce qui augmente l'esprit. Trois mois plus tard, Nasir Khusraw, quarante et un ans, prend la route avec son frère cadet et un jeune serviteur indien.
Pendant sept ans, deux mille deux cent vingt fersengs et près de treize mille kilomètres, il traverse à pied le Proche-Orient musulman à son apogée. Il visite Tabriz meurtrie par les tremblements de terre, longe la côte syrienne avant les Croisades, mesure le Haram al-Sharif de Jérusalem coudée par coudée, vit trois ans au Caire fatimide où il assiste aux processions du calife al-Mostansir, accomplit quatre fois le pèlerinage de La Mecque, découvre l'utopie qarmate de Lahssa, et rentre en haillons par Bassora, sauvé par un marchand persan qui le reconnaît.
Cinquante ans avant la prise de Jérusalem par les Croisés, cent vingt avant la chute du califat fatimide, le carnet de Nasir Khusraw donne la photographie unique d'un monde disparu. Premier grand récit de voyage du monde persan, le Safarnama est aussi le témoignage d'une conversion : l'homme qui rentre n'est plus le même. Il deviendra missionnaire ismaélien, sera persécuté, finira ses jours exilé dans les montagnes du Pamir.
Cette édition modernisée comprend 15 illustrations originales, 5 cartes du voyage, un glossaire de 80 termes, une chronologie détaillée, deux index (personnages et lieux), une postface sur le destin de Nasir Khusraw après le voyage, des morceaux choisis du texte original, et une note de l'éditeur sur les sources et la méthode de modernisation.
Caractéristiques
- Éditeur
- Itinerarium Éditions
- Collection
- Orient et Levant
- L'auteur du texte
- Nasir Khusraw
- Époque du voyage
- 1045-1052
- Édition modernisée par
- Thierry Ruolz
- Langue
- Français
- Format
- Broché, 15,2 × 22,9 cm
- Pages
- 262
- ISBN
- 979-10-985559-6-1
- Parution
- juin 2026
L'auteur du texte
Safarnama : Notre travail d'édition
Cette édition est issue d'un seul témoin moderne : la traduction française intégrale du Safarnama publiée à Paris en 1881 par Charles Schefer, dans la deuxième série des publications de l'École des langues orientales vivantes. Schefer travaillait directement sur le texte persan, qu'il avait établi à partir des manuscrits qu'il avait pu rassembler. Sa traduction reste, plus d'un siècle après, la version française de référence du carnet. Elle souffre cependant de deux caractères qui en éloignent le lecteur d'aujourd'hui : un français du XIXe siècle savant qui a vieilli, et un appareil critique surabondant où, sur certaines pages, la note prend plus de place que le texte.
Le plan du texte source a été conservé. Nasir Khusraw ne découpe pas son journal en chapitres : il le tient au fil des étapes, ville après ville. Pour rendre la lecture continue possible, le récit a été redécoupé en seize chapitres qui correspondent aux grandes séquences géographiques du voyage, du songe de Djouzdjanan au retour à Balkh. Aucun passage n'a été déplacé ; les coupures suivent les charnières naturelles du carnet.
Avant / après
Une nuit, je vis en songe un personnage qui m'adressa la parole en ces termes : « Jusques à quand boiras-tu ce vin qui prive l'homme de la raison ? Il vaudrait mieux que tu fisses un retour sur toi-même. » « Les sages, lui répondis-je, n'ont rien pu trouver de meilleur que le vin pour dissiper les soucis de ce monde. » « La perte de la raison et de la possession de soi-même, répliqua-t-il, ne donne pas le calme à l'esprit ; le sage ne peut donc recommander à personne de se laisser guider par la démence. Il faut, au contraire, rechercher ce qui augmente l'esprit et l'intelligence. »
" Jusques à quand boiras-tu ce vin qui prive l'homme de sa raison ? Il vaudrait mieux que tu fisses un retour sur toi-même. " Je crus avoir une bonne réponse, de celles dont on est fier à table. " Les sages, lui dis-je, n'ont rien trouvé de meilleur que le vin pour dissiper les soucis de ce monde. " " La perte de la raison, répliqua-t-il, et l'oubli de soi-même, ne rendent pas à l'esprit son calme. Aucun sage ne peut conseiller à un homme de se laisser conduire par la démence. Cherche au contraire ce qui augmente l'esprit et l'intelligence. "
La carte du voyage



