Février 1777. La Resolution et la Discovery quittent la Nouvelle-Zélande, cap au nord. James Cook, au sommet de sa gloire, doit gagner l'Arctique avant l'été pour y forcer le passage du Nord-Ouest que l'Europe traque depuis deux siècles. Mais les vents d'est s'acharnent, la saison fond entre les louvoyages, et le capitaine comprend qu'il a déjà perdu son année. Il met le cap sur les îles des Amis, décidé à y refaire ses forces avant de tenter le Grand Nord l'été suivant.
Sur la route, ce sont les premières terres inconnues : Mangaia et Atiu, où une poignée d'hommes manque de rester prisonnière de la curiosité d'une foule, puis le lagon de corail de Palmerston. Commence alors l'un des plus étranges séjours de toute l'histoire des grandes navigations. Deux mois et demi durant, les Anglais sont les hôtes d'une Polynésie somptueuse et fermée.
À Lifuka, un chef nommé Feenou déploie des montagnes d'ignames et de porcs, des combats à la massue, des boxeuses aussi habiles que les hommes, et une danse de cent cinq guerriers qui laisse l'équipage sans voix. On le prend pour le roi. Il ne l'est pas. Puis viennent Tongatapu et le vrai souverain, l'énorme et paisible Poulaho, la cérémonie du kava réglée par des lois secrètes, l'empire du tabou, et le rituel interdit du Natche où l'on reconnaît l'héritier du trône. Cook s'y glisse torse nu parmi les officiants, sans rien comprendre au serment qu'il regarde prêter.
Entre récifs frôlés de nuit, larcins incessants et royautés dont il ne perce jamais les règles, le capitaine finit par prendre le roi et ses chefs en otage pour récupérer ce qu'on lui a volé. Ce deuxième tome est le récit d'un homme qui croit encore tout observer, et que le Pacifique observe en retour : une rencontre où l'Europe des Lumières se heurte à un ordre du monde qui lui échappe entièrement.
Isabelle Perol réécrit ici en français d'aujourd'hui le Livre II de A Voyage to the Pacific Ocean (Londres, 1784), le journal même de Cook et de son naturaliste William Anderson. Le texte est débarrassé de sa lourdeur d'époque mais fidèle au fait, à la mesure et au regard des marins. L'édition ajoute une introduction, un appareil critique complet (glossaire, chronologie, index, note de l'éditeur, postface), des cartes d'itinéraire et des illustrations originales en gravure.
Deuxième des six tomes consacrés au troisième et dernier voyage de James Cook, dans la collection Carnets de Voyages Oubliés. Chaque tome se lit seul.