Février 1776. James Cook a quarante-sept ans, une charge honorifique à Greenwich et le droit de ne plus jamais reprendre la mer. Il repart. Deux sloops sont armés sur la Tamise pour aller chercher, par le Pacifique cette fois, le passage que l'Europe traque depuis deux siècles au nord de l'Amérique. À bord, un troupeau offert par le roi, un peintre, un chirurgien naturaliste, et Omai, le jeune Raiatéen que Londres s'était arraché pendant deux ans et qu'il faut maintenant rendre à ses îles.
Ce premier tome est l'année d'approche. Ténériffe et son pic dans le ciel, les brisants de Bonavista frôlés dans la nuit, le cap de Bonne-Espérance où l'on attend un second navire qui n'arrive pas, puis la descente vers les glaces. Le jour de Noël 1776, la Resolution mouille au fond d'un port austral couvert de manchots, sans un arbre, sans un arbuste : dans les rochers, un matelot trouve une bouteille scellée qui prouve que des Français sont passés là.
Puis vient la Nouvelle-Zélande, et avec elle une question que tout l'équipage porte en silence. Quatre ans plus tôt, dix marins anglais ont été tués et mangés dans une anse voisine. Le chef qui les a tués monte à bord, sans armes, et se tient devant le capitaine. Son propre peuple réclame sa mort. Omai la réclame plus fort que tous. Ce que Cook décide ce jour-là en dit plus long sur lui que trois cents pages de relevés.
Le texte suit le journal officiel de ce troisième voyage, publié à Londres en 1784 par John Douglas d'après les carnets du capitaine, et complété tout au long du récit par les observations du chirurgien-naturaliste William Anderson : la flore et la faune des Kerguelen, l'histoire naturelle de la terre de Van Diemen, puis un portrait ethnographique minutieux des habitants du détroit de la Reine-Charlotte. Deux voix, deux regards, un seul voyage.
Ce Tome I correspond au Livre I de l'édition originale : de l'armement des navires à Deptford en février 1776 jusqu'au départ du détroit de la Reine-Charlotte fin février 1777, avec à son bord deux jeunes Néo-Zélandais partis accompagner Omai vers ses îles natales. Les tomes suivants poursuivent la route vers Tahiti, puis vers le nord jusqu'au détroit de Béring, hors du périmètre de ce premier volume.
Première réécriture intégrale moderne pour le lecteur d'aujourd'hui, qui rend accessible ce récit sans rien trahir du voyage. 4 illustrations originales et 4 cartes redessinées donnent à voir l'itinéraire, tandis qu'un appareil de repères (glossaire, chronologie, index, note de l'éditeur, postface et lectures complémentaires) et des morceaux choisis du texte original éclairent la lecture.