Après l'Afrique et l'Arabie, le capitaine écossais Alexander Hamilton poursuit sa route et longe les côtes de l'Inde, de Goa au détroit de Malacca. Trente années de mer ont aiguisé son regard : rien ne l'étonne plus, et pourtant tout reste à raconter.
Voici Goa la portugaise et son orgueil déchu, les bois à tigres du Canara où l'on brûle les veuves sur des bûchers, les principautés du Malabar et le puissant Samorin de Calicut. Voici Cochin et sa colonie juive, Ceylan et son pont d'Adam, la côte de Coromandel où les diamants de Golconde côtoient les potences de Fort Saint-Georges. Le récit s'enfonce ensuite vers le levant : le delta du Gange et Calcutta la fiévreuse, le grand temple de Jagannath dont le char de procession écrase ses dévots, la chute du sultan Sujah, frère d'Aurangzeb, traqué jusqu'au royaume d'Arackan.
Puis vient le royaume déchu de Pégou et son roi de l'Éléphant blanc, les moines mendiants et les fusées géantes offertes aux dieux, le massacre des Anglais à Mergui, les naufrages des îles Nicobar, et enfin Malacca, verrou du détroit, où une affaire de sorcellerie occupe les dernières pages du volume.
Marchand libre de toute compagnie, Hamilton a tout vu de ses propres yeux : les castes et les cultes, les guerres de comptoir, les naufrages et les trahisons. De sa passerelle, il dresse le tableau d'un océan Indien où Portugais déclinants, Hollandais conquérants et compagnies rivales se disputent des ports, des routes et des cargaisons, sans deviner l'empire qui déjà se prépare.
Ce second tome couvre les années où la carte politique de l'Asie maritime se redessine : les Hollandais achèvent d'évincer les Portugais de Ceylan et de Cochin, l'empereur Aurangzeb meurt en 1707 après avoir régné sur l'apogée du Grand Moghol, et les comptoirs anglais de la côte de Coromandel et du Bengale, encore fragiles, tiennent tête aux nababs locaux. Témoin direct plutôt qu'érudit de cabinet, Hamilton rapporte les usages des cours, les prix des marchés et les ruses des gouverneurs avec une franchise qui fait de son témoignage une source de première main sur l'Asie du tournant du XVIIIe siècle.
Première réécriture intégrale moderne pour le lecteur d'aujourd'hui, qui rend lisible ce récit sans rien trahir de l'original. Illustrations originales et cartes redessinées donnent à voir l'itinéraire, tandis qu'un appareil de repères (glossaire, chronologie, index, pour aller plus loin, note de l'éditeur, postface) et des morceaux choisis du texte original accompagnent la lecture.