Vers 1688, un jeune marchand écossais s'embarque pour les Indes orientales. Il y restera plus de trente ans, du cap de Bonne-Espérance aux portes du Grand Moghol.
Alexander Hamilton n'est ni un savant ni un conquérant : c'est un capitaine, un homme de commerce qui a tout vu de ses propres yeux. La monnaie de sel du royaume chrétien d'Éthiopie, le plus grand marché de café du monde, les tours où les Parsis livrent leurs morts aux oiseaux, les perles de Bahreïn, les cornalines de Cambay. Mais aussi les naufrages sur des côtes cannibales, les pirates du Guzerat qui boivent avant l'abordage, la chute d'Ispahan sous les coups de Mirwais, et cette guerre insensée que la Compagnie anglaise ose déclarer à l'empereur Aurangzeb.
De sa passerelle, ce témoin franc et curieux dresse le tableau d'un océan Indien encore à moitié deviné, où Portugais déclinants, Arabes conquérants et compagnies européennes se disputent des ports, des routes et des cargaisons. Ce premier tome suit la grande diagonale d'aller : du Cap à la côte est-africaine, de l'Éthiopie chrétienne aux ports du café de la mer Rouge, de Mascate et du golfe Persique jusqu'aux portes du Grand Moghol, le Sind, le Guzerat, Surate et Bombay.
Il l'ignore encore : ce qu'il décrit là, ce sont les premiers gestes d'un empire. Le récit culmine sur la guerre de Bombay entre la Compagnie anglaise des Indes orientales et l'empereur Aurangzeb, épisode où l'Europe naissante mesure pour la première fois la taille réelle du géant moghol.
Le tome s'ouvre sur un monde en pleine bascule : les Portugais perdent Mascate et leurs comptoirs au profit des Arabes d'Oman, la Perse des Séfévides s'effondre sous les coups de Mirwais, dont Hamilton suit de près le siège de Gombroon et la chute d'Ispahan, tandis que l'empire du Grand Moghol brille de son dernier éclat sous Aurangzeb. Marchand libre de toute compagnie, Hamilton jauge les ports, les monnaies et les mœurs avec la même franchise, rapportant aussi bien les ruses des gouverneurs que les usages des peuples : c'est cette liberté de ton, rare pour l'époque, qui fait de son témoignage une source de première main sur l'océan Indien du tournant du XVIIIe siècle.
Première réécriture intégrale moderne pour le lecteur d'aujourd'hui, qui rend lisible ce récit sans rien trahir de l'original. 21 illustrations originales et des cartes redessinées donnent à voir l'itinéraire, tandis qu'un appareil de repères (glossaire, chronologie, index, pour aller plus loin, note de l'éditeur, postface) et des morceaux choisis du texte original accompagnent la lecture.